Logiciel libre : La DINUM va-t-elle enclencher un mouvement de fond dans l'État français ?

Communiqué de presse : le 10 avril 2026

La Direction interministérielle du numérique (DINUM) a organisé, le 8 avril 2026, un séminaire interministériel visant « à renforcer la dynamique collective de réduction des dépendances numériques extra-européennes ». Dans son communiqué, la DINUM annonce plusieurs mesures, dont déjà la migration à venir des postes de travail de ses agentes et agents sur un système libre. 1

Ce séminaire a été organisé à l'initiative du Premier ministre, Sébastien Lecornu, du ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, et de la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff. Lorsqu'elle était députée, Anne Le Hénanff a été co-rapporteure, en 2023, d'une mission flash « sur les défis de la cybersécurité » qui alertait sur « le piège Microsoft ».

Le communiqué de la DINUM liste plusieurs engagements.

La DINUM annonce notamment sa propre opération de sortie Windows au profit d'un système libre qui sera, à priori, un système basé sur la distribution NixOS2. Cela concerne environ 250 personnes.

La DINUM coordonnera également un plan interministériel portant sur les axes suivants : poste de travail, outils collaboratifs, anti-virus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation, équipements réseau. Chaque ministère devra formaliser son plan d'ici l'automne.

Et la DINUM va organiser les « premières rencontres industrielles du numérique » en juin 2026, pour réunir ministères, opérateurs publics, acteurs privés.

« C'est un signal important qu'il convient de saluer en attendant de lire le détail des plans ministériels en faveur d'une réelle autonomie stratégique » a déclaré Étienne Gonnu, chargé de mission affaires publiques pour l'April et co-représentant de l'association au sein du Conseil logiciels libres3

L'April souligne qu'aucune politique de réduction des dépendances, ou d'autonomie stratégique, en matière numérique, ne peut se faire sans logiciels libres. Et le logiciel libre, ce n'est pas juste du code et des produits : c'est aussi une éthique de l'émancipation et un engagement vers plus d'interopérabilité qui devrait être au cœur des services publics 4. Souhaitons que l'absence de la mention « logiciel libre » dans le communiqué de la DINUM ne préfigure pas un tel même angle mort dans les travaux à venir.