Gouvernements et administrations

Introduction

<< Ce n'est pas la fin, ni même le commencement de la fin, mais peut-être la fin du commencement >> (Winston Churchill, fin 1942)

À Munich, en Asie, au sein de Ministères les déploiements de solutions libres commencent à faire beaucoup moins rire...

Les terrains d'affrontement seront nombreux : le Parlement Européen, avec la question des brevets logiciels, le Sommet Mondial pour la Société de l'Information et quelques jours plus tôt le Sommet mondial des villes qui mentionne le développement de logiciels libres dans la proposition 35 de son plan d'action, enfin l'accord-cadre Microsoft-Éducation Nationale qui provoque une réaction rapide. Sur tous les théâtres d'opération, le pire est évité.

C'est que la prise de conscience se fait jour plus nettement de la mutualisation nécessaire, en particulier justement dans le domaine où l'argent public pourrait ne payer qu'une fois: celui du développement de logiciels libres métiers. En témoignent les adhésions à l'Adullact et la naissance aux RMLL de Metz de ce qui deviendra le consortium Mutualibre; mais aussi l'arrivée de documents concrets dans le domaine des migrations: migration bureautique avec le mémoire de Frédéric Labbé, migration tout court avec le guide de migration IDA traduit en quelques semaines.

L'année 2003 voit aussi des libérations de code sur fonds publics. En janvier, c'est la mise en ligne de code-aster (EDF), c'est l'ouverture d'adullact.net, les collectivités (Lille) et les administrations (Agora, SIG) partagent le logiciel:-)

François Élie (président de l'ADULLACT, Association des Développeurs et Utilisateurs de Logiciels Libres dans l'Administration et les Collectivités Territoriales)

CISI (numéro 0 du 20 juillet 2003)

Le Comité interministériel pour la société de l'information français a publié le 10 juillet 2003 une liste de mesures pour « construire une "République numérique", permettant un accès de tous à des technologies conçues comme le vecteur de nouvelles solidarités », qui ont soulevé un certain nombre de questions parmi la communauté du logiciel libre, notamment sur le choix des éditeurs et industriels présents.

Lille libère ses développements (numéro 0 du 20 juillet 2003)

Vu dans le bulletin n°5 du 14 juillet de l'Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour les Administrations et les Collectivités Territoriales (ADULLACT), « La CUDL (Communauté Urbaine de Lille) vient de prendre une délibération tout à fait extraordinaire : la libération des développements internes. Les applications APACS (un outil de numérisation de plans) GEODOC (un système de diffusion sur le web de données cartographiques) et FRUIT (outil de consultation de données géographiques) seront mises en GPL ».

PNUD, GNU/Linux et Afghanistan (numéro 0 du 20 juillet 2003)

Un article de la BBC, et une annonce sur Slashdot pour expliquer que le Programme de Nations Unies pour le Développement a formé des fonctionnaires afghans à GNU/Linux.

Kolab pour le travail collaboratif (numéro 1 du 27 juillet 2003)

La suite de travail collaboratif ("groupware") libre commandée par le gouvernement fédéral allemand en septembre 2002 vient de paraître. Baptisée Kolab, elle est basée sur l'environnement KDE.

Logiciels libres dans l'administration (numéro 1 du 27 juillet 2003)

Le quotidien français Libération a publié en date du 22 juillet un article de Florent Latrive en pleine page sur les logiciels libres et Linux en particulier qui sont plébiscités par les administrations.

Conférences EGOVOS à Paris en novembre (numéro 1 du 27 juillet 2003)

EGOVOS est un cycle de conférences dédié aux logiciels libres/opensource, aux standards et à l'interopérabilité dans les administrations. Les deux premières sessions se sont tenues aux États-Unis et la 3ème aura lieu à Paris au siège de l'UNESCO du 24 au 26 novembre 2003. Il est possible de soumettre des articles.

Gouvernements et logiciels libres (numéro 3 du 12 août 2003)

Newsforge a publié un article de Robin « Roblimo » Miller expliquant pourquoi les gouvernements devraient imposer dans leurs spécifications la liberté du logiciel.

Système alternatif en Asie (numéro 5 du 07 septembre 2003)

La Chine, la Corée du Sud et le Japon étudient une alternative à MS Windows suite aux récentes proliférations de virus. Ils signeraient un accord pour développer conjointement un système d'exploitation libre, fiable et bon marché.

Projet Proxima (numéro 5 du 07 septembre 2003)

Un rapport ministériel propose de créer une architecture de soutien aux projets collaboratifs développés par les établissements scolaires. Le projet, intitulé Proxima, devra reposer sur « des systèmes ouverts et interopérables qui respectent l'architecture d'échange de l'Internet ». Le rapport épingle l'EUCD et le DMCA.

Contrôle de l'information (numéro 5 du 07 septembre 2003)

La section nouvelles technologies du parti socialiste français a publié un texte de Ludovic Pénet qui présente « certaines évolutions techniques et réglementaires actuellement en cours constituant de graves menaces pour la diversité culturelle et notre capacité de communiquer librement. » Sont évoqués le logiciel libre, le droit d'auteur, les biens communs, la gestion des droits d'accès (DRM), les brevets, etc.

OpenFest (numéro 6 du 20 septembre 2003)

La Bulgarie a organisé le 14 septembre une fête autour du logiciel libre, baptisée OpenFest, sous l'égide du président bulgare Georgi Parvanov. Les objectifs étaient d'en faire la promotion, de le défendre et de prévenir les menaces comme les brevets sur le logiciel.

L'UNESCO soutient FREEDUC (numéro 8 du 25 octobre 2003)

L'organisation pour le logiciel libre dans l'éducation et l'enseignement OFSET s'associe avec l'UNESCO pour produire une version internationale de sa distribution GNU/Linux FREEDUC, qui contient « diverses applications (...) choisies en fonction de leurs pertinences, qualités ergonomiques et adéquations avec les métiers de l'enseignement. »

OMPI et approche ouverte (numéro 8 du 25 octobre 2003)

L'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) avait planifié puis annulé une réunion sur une « approche ouverte » (cf numéros précédents 0, 1, 4 et 5). Signataire de la lettre ouverte à l'OMPI (cf numéro 1), le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz a accordé une entrevue à Florent Latrive , diffusée sur la liste escape_l.

Passage au libre (numéro 9 du 22 novembre 2003)

Les administrations et services publics du Vietnam pourraient passer au logiciel libre d'ici 2005. Et le Brésil s'intéresse de près au libre. IBM propose un plan de migration de Microsoft Windows à GNU/Linux en 9 étapes. Un autre guide du genre a été publié en Allemagne. Sun a signé un accord pour déployer un million de postes sous GNU/Linux en Chine. Le ministère de l'Intérieur français équipe 15000 postes avec la suite bureautique libre Open Office. Pour faciliter la transition vers le libre, le site Framasoft propose d'un seul coup d'oeil plus de deux cents logiciels libres. Le Certificat Informatique et Internet cite aussi les logiciels libres. Et visiblement l'Italie et l'Argentine planchent aussi sur des migrations.

Passage au libre (numéro 10 du 16 décembre 2003)

L'état australien de Canberra a décidé de privilégier les logiciels libres autant que possible dans son administration. Côté matériel libre, la firme de Minneapolis Silicore a choisi de placer sous licence LGPL (Lesser General Public License) son microcontrôleur SLC1657. L'initiative Interchange of Data between Administrations (IDA) de la Commission Européenne a mis en place un observatoire des technologies FOSS (« Free and Open Source Software »).

Passage au libre (numéro 11 du 12 janvier 2004)

Tristan Nitot a annoncé sur LinuxFr que le libraire Eyrolles a opté pour le système de gestion de base de données libre Postgresql pour son site marchand, qui au passage a été refait en conformité avec les standards du W3C. Déjà évoquée dans notre neuvième numéro, la migration vers OpenOffice.org du gouvernement israélien est confirmée sur ZdNet.

Éducation et logiciels libres (numéro 11 du 12 janvier 2004)

L'Éducation nationale française et Microsoft ont signé le 18 décembre un accord-cadre très critiqué, en particulier car il contient des engagements chiffrés minimums à réaliser en nombre de licences à acheter, une première pour un contrat de ce type.